La vie en rose, noir et blanc d'une Môme.

J'ai envie de vous dire que le monde ne tourne pas bien rond, à trop ricocher au milieu des mêmes mers. J'aimerai vous écrire mille silences, vous parler de ses mains qui me manquent, de ce temps qu'on n'attrape puisqu'on court après. On ne va pas assez vite, on n'a pas été assez entraîné au sprint. Alors même si parfois on le touche ce bonheur de toujours, il nous échappe, puisqu'on se casse la gueule, essoufflés, enivrés. Ne m'en voulez pas, je lis un peu trop, je rêve sûrement, mais pas assez, j'ai laissé trop de moi, de nous, de vous, derrière, là où il n'existait pas encore, ce putain de sourire qui me colle les lèvres. Les rêves, et cette fièvre qui vient d'ailleurs. Et ailleurs... On y a été des milliers de fois, mais ça n'y ressemble jamais à ce paradis du fruit, à ce paradis des mots... Alors les clins d'oeil se suivent, envoyant mille baisers à celles et à ceux qui croiseront mes idées, qu'elles soient de marbre, ou de rage, même les plus noires. J'ai appris à me relever il est vrai, et à courir encore plus vite, et puis il faut bien avouer que quand on est deux ça semble plus simple. Ca ne l'est pas toujours, c'est juste l'illusion d'avoir perdu cette catin de solitude. Mais l'autre est toujours là, qu'importe les je t'aime, les danses, les faux pas, qu'importe les rires, il est là, rodant un peu trop près, se faisant sentir les matins aux sensations perdues. Aller à Rennes, voyager Paris, et puis Lorient, faire des escales au bout du monde, quand le bout du monde c'est rencontrer des sourires aussi charmants que nos coeurs qui s'étreignent à la lumière noire, obscure. Celle la même dont Saez parlait. Et après tout peu importe l'égalité, la paresse, ou cette liberté qu'on envie, peu importe les phrases, les points et les virgules, on sera toujours , même s'il n'y a plus de traces à laisser, même si on a endormi les apostrophes, même si. Puisque oui, j'ai fini une histoire, fermé le bouquin, et je n'arrive plus à l'ouvrir, alors on commence d'autres pages, ailleurs. Qu'au coeur. Ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent, mais aps tout, pourquoi pas. J'embrase nos sourires dans du papier en carton, celui là qui s'évapore en souvenirs perdus, paus, déchus, souviens toi de moi mon amour, on sera mort demain. Feinte d'espérance, et espérer en des jours meilleurs, miel et coquelicots. Faust et Emo se font la malle au pays des douleurs, pour souiller les chemins de mille couleurs.

A
lors je reste avec eux, là-bas. *
E
t ailleurs, je dépose des mots imagés, ou des images sans maux. *

# Posté le jeudi 22 février 2007 09:01

Non, je ne reste pas. Je passe.

J'avais dit que je ne reviendrai pas. Mais les mots ne me quittent pas. Comment peut-on s'en aller sans laisser une partie de soi ici ? Je ne sais pas. Les jours passent. Pas tant que ça. Je n'ai plus vraiment envie d'écrire, ni de respirer, encore moins de vivre. Je vis la vie des autres, je deviens voleuse, à trop survivre, à trop mourir les mêmes regards. Je cours les coeurs des inconnus, je deviens violeuse, à trop tomber, à trop escalader les mêmes silences. Tracy Chapman empreinte chaque parcelle de mon antre, et tout s'envole. Fumée de mots, de nous, fumée d'inconnus, fumée de messages, d'interdits, fumées de vie, surtout d'histoires. Celles qu'on a tu tant d'année. Celles qui nous tuent. Trop de mensonges, trop d'hypocrisie, trop de regards noirs. Tais toi espoir, je ne t'espère plus. Et tous ces mots, tous ces sourires laissés à bout de souffle, toutes ces larmes. Partir, fuir, abandonner. Juste histoire d'arrêter de tomber. C'est toujours des histoires, toujours les mêmes virgules qu'on accroche à nos cieux, comme on peut. Mais vos points m'ont fait du bien. Seulement voilà. Moi je ne sais pas. Je ne sais plus. Dire merci, j'ai oublié. Bien à vous, encore une fois. On s'enterre. Se taire. Terre contre mer. Mérite moi amertume, je te fume.

# Posté le mercredi 10 janvier 2007 14:22

Modifié le mardi 08 janvier 2008 15:00

C'est fini, j'arrête de me battre pour un monde en lequel je ne crois plus vraiment. Plus j'y pense, plus je me cogne aux mêmes réalités, celles qui blessent, qui nous crient de changer, de prendre une autre route. Vous est-il déjà arrivé d'ouvrir les yeux ? De vous rendre compte que tout ça n'avait aucun sens, et qu'à force de chercher toujours la même chose vous vous perdiez ? Je me perds, je ne sais plus ce que je veux. J'ai confié trop de moi ici, il y a trop de secrets, trop de vices, trop de vérités, qui se sont plantés sous vos yeux, sans que vous ne vous en rendiez vraiment compte, j'ai livré de moi trop de cicatrices, trop de pages intimes. Il n'y a aucun texte qui ne me représente pas. Si vous avez tout lu, vous me connaissez mieux que ma propre famille, vous me connaissez mieux que lui, que j'ai tant prétendu aimé. A quoi ça rime ? D'avoir mal à ce point, d'aimer ainsi ? A quoi ça rime cette vie qui en revient toujours à cette même souffrance, celle qu'on fuit sans cesse ? On court après un bonheur qui existe à chacun de nos pas. On se voile la face, on ferme les yeux, on écoute les prières lancinantes de mille mélodies. A quoi ça rime ? Ce monde ne m'aide pas, il ne me vient pas en aide, il ne me tend pas la main. Je suis désolée si je parais égoïste, si je parais sans coeur, si je parais fausse. Je suis désolée, mais ça ne m'attriste pas. Je ne veux plus de ce monde qui reflette bien trop nos vies réelles, ce monde où nous sommes tous des rapaces, des oiseaux qui pillent un peu partout. Je ne veux plus tomber sur vos maux, qu'ils me fassent penser à mes faiblesses. Je ne veux plus de tout ça, de toute cette hypocrisie. Ca ressemble tellement à la vraie vie. Je suis désolée si certains ne comprennent pas, peut-être n'ont ils pas encore pris assez de recul, peut-être même que je suis la seule à voir tout ça, peut-être que certains penseront que je m'y suis trop attachée. Possible, je n'en sais rien, et peu importe. Toutes mes failles, vous les connaissez, chacun de vos mots pourrait me blesser, je ne veux plus de ça, parfois quand je viens ici, j'oublie qui je suis vraiment. J'oublie cette fille pleine de joie, pleine d'entrain qui m'habite parfois, j'oublie cette fille qui grandit, qui s'installe, qui essaye d'avancer malgré les difficultés de la vie. Oui, parfois je l'oublie, parce qu'elle fait trop face, et qu'à trop écrire je m'échappe dans une symphonie de plaintes. Autour de moi, il y a tout ce dont on pourrait rêver, et j'ai oublié tout ça, j'ai oublié comme j'aimais écrire, je ne fais que taper sur ce maudit clavier. Ca va faire deux ans que petit à petit je m'enferme dans ce monde, je suis sûre que certains comprendront mon désarroi, je suis trop là. Même sans laisser de trace, je suis vos mondes, vos chemins, vos pages, je m'installe entre vos pensées, entre vos vies. Celles que vous poursuivez à trop fuir la réalité, à trop fuir la main d'un ami. Je ne veux plus courir la vie, ni même mourir les chemins. J'ai trop utilisé les mêmes mots, et je ne sais même plus pourquoi. Je suis comme tout le monde, j'empreinte des chemins, des impasses, des gouffres, j'ai mes misères, mes fous rires, et mes passions. Et si je ne suis pas comme tout le monde, j'essaie. A quoi ça rime de vouloir être différent ? Je ne sais pas tout ça, non je ne sais pas. Je me crée mes illusions, je m'invente mes réponses, et quand elles ne me suffisent pas j'en cherche d'autres. On s'est trop rencontré aux mêmes coins, on se croise entre la nostalgie, l'amertume, la douleur, la peine, la rancoeur, parfois la joie, trop souvent la détresse. Les nostalgies, les amertumes, les douleurs, les peines, les rancoeurs, les joies, les détresses. Elles s'accumulent, se croisent, s'enlacent, sont si nombreuses qu'on ne les compte plus. On se tient la main parfois, on essaie, on s'envoie quelques mails, on se laisse des commentaires. Mais que peut-on dire vraiment ? Peut-on même se comprendre ? Je ne comprend plus pourquoi nous partageons nos galères, pourquoi cet éphémère de perte, d'abandon. Je ne sais plus tout ça, si j'ai jamais su. Il a été le premier, il m'a fait basculer dans ce monde d'ironie, ce monde obscure, si faible parfois. Je dois l'avouer, à trop l'aimer, à trop le désirer, je suis tombée ici, après les sentinelles, et les carrefours trop loin des rêves. J'en ai perdu des amis, j'en ai perdu une partie de ma vie. J'ai oublié d'affronter mes peurs, j'ai abandonné tous les combats, il n'est resté que celui-là. Je dois l'avouer, j'ai été faible, face à son regard, face à son mal être, face à ses mensonges sûrement. Mais qui mentait le plus ? Je ne sais pas. Peut-être bien que c'était moi. J'ai fui, je n'ai pas réussi à aider une amie, je l'ai perdue, et si aujourd'hui je me cherche des excuses, c'est juste pour éloigner la honte et les remords. Rien ne pourra jamais me pardonner, ni même personne. Seulement voilà, je suis partie. Et je vous ai rencontrées. Toi, Angy, il me semble que tu as été la première, on se lisait, se comprenait, on s'apprenait sûrement. J'ai rencontré Prisca, j'ai connu Chloé. On a comparé nos histoires, elles n'avaient en réalité rien à voir. Axel ne comptait pas, il y a eu Loïc et Julien. Ne m'en veux pas... C'est juste que parfois. Si on veut partir, autant le faire bien. Un jour de février, il y a eu Camille, et peu après Laura. Et puis les mails avec Clara. J'ai tout gardé, tous les mots, tous les échanges, on essayait de s'aider, mais qui était-on les unes pour les autres, l'autre pour l'une ? Qui était-on à essayer de se comprendre, de se cerner, à se raconter nos vies ? Vous en savez tellement de lui, mais aucune de vous ne peut réellement comprendre, on ne peut pas prétendre ça. Je ne peux pas vous comprendre, non plus. Aujourd'hui, je croise encore Chloé parfois, mais je dois t'avouer que je ne te comprend plus, et je ne cherche pas à le faire. Angy, je sais les épreuves que tu as parcouru, mais je suis désolée, je n'ai pas pu être là, et je ne serai jamais là, parce que c'est trop, trop loin. J'aurai besoin de connaître ton rire, tes silences, j'ai besoin de tout ça. On ne peut pas adorer quelqu'un pour ses mots, parce que ça ne le construit pas vraiment. Je suis désolée de douter autant, mais c'est ainsi. Prisca, on s'est vu, on pourrait se revoir, mais pour se dire quoi ? Nous ne prenons pas les mêmes chemins, et je ne veux plus de cette hypocrisie. Je n'écris plus de mail à Clara, et si j'ai encore son adresse, j'ai oublié. Quand je me ballade entre vos mondes, j'ai l'impression d'être une étrangère, une intruse, une inconnue. Mais ce n'est pas qu'une impression, c'est ce que je suis. Je sais bien qu'encore une fois je me cherche des excuses, qu'encore une fois je vais fuir. Elsa me touche avec ses mots, mais je ne la connais pas, elle m'inspire toujours, j'aurai envie de lui écrire tellement de mots, mais je ne le fais pas, ou si peu. Je suis une inconnue. Et pourtant, je connais vos prénoms, je connais vos mots, mais ce n'est pas vous. Ca ne représente pas assez pour moi, je n'ai jamais été douée pour être là, je ne sais pas vraiment écouter, je ne trouve souvent pas les mots, et je doute sûrement trop. J'ai passé le premier de l'an avec Camille, elle n'a pas vraiment réussi à entrer dans mon monde, c'est difficile de se trouver une place dans la vie des autres, et c'est encore plus dur quand on est loin. J'ai peur d'échouer, de décevoir, j'ai peur de faire du mal, comme je t'en ai fait Chloé. La seule à qui j'écris des mails, c'est Coraline, elle aussi à quitter ce monde d'une certaine façon, et il est possible que je la comprenne un peu mieux. Je ris souvent avec Laura, parce que même avec ses peines, elle me fait sourire, elle m'énerve souvent quand elle se morfond un peu trop, et je suis certaine que c'est réciproque. J'écris une histoire avec Camille, nous écrivons quand nous pouvons, mais j'ai peur. Et enfin aujourd'hui, je crois que je l'ai compris. Si je fuis tout ça, c'est parce que ça fait mal, c'est douloureux de s'ouvrir à quelqu'un, de sentir les larmes monter, mais de ne pas vouloir les faire couler, parce que c'est trop tôt. Peut-être que c'est trop de souffrances de vivre ici, dans l'inconnu, dans l'ombre, peut-être que c'est autant de souffrances que cette réalité. Je ne sais pas, je ne sais plus. Mêler les deux m'a changée, je ne veux plus changer, j'ai peur de ne pas être à la hauteur. Les mots m'ont sauvée. Ceux que j'ai utilisé pour faire couler l'encre plus que le sang, chacun sa drogue, chacun ses mutilations. Muse... Ca nous a rapproché, ça a sans doute fait naître un autre lien entre nous, et je sais que certaines d'entre vous resteront toujours dans mes souvenirs. Marine, je suis désolée, je ne pourrais te faire découvrir les plages ensoleillées, celles que j'aurai aimé t'inventer, inventer à tous ceux qui sont perdus. Nous, les gosses paumés, qui se cherchent à chaque détour. Je suis tombée amoureuse des mots de Camille, j'aime sa façon de fumer, j'aime son rire. J'aime cette fille, et malgré ce départ, malgré les doutes, malgré cette peur, elle reste là. Mais combien de liens pouvons nous tisser ? Vous êtes mes inconnues, vous êtes mon coin secret. Vous étiez. Si je me promène encore ici parfois, c'est parce que ça ne m'aide pas. Non, ça me sauve. De lire et d'écrire, de sentir que je ne suis pas vraiment seule, et que peut-être quelque part quelqu'un comprend tout ça. Mais de l'autre côté du mur, ils m'attendent, ils attendent que j'aille bien, que je me relève, que j'arrive à rire plus fort que mes larmes, et que j'arrête de me perdre ici. Ils attendent, ceux là, qui existent sûrement dans vos vies aussi. Il suffit de leur ouvrir la porte. Ouvrez la porte, ouvrez vos coeurs. Il ne suffit pas d'y croire. Non, Allison, il faut bien plus que ça. Je sais qu'un jour je pourrais te regarder enflammer le ciel avec tes bolas, sûrement bientôt. Je sais qu'on se croisera, Laura, toi et moi. Et avec Camille on partira en Afrique ou au Tibet. Je ne sais pas. Mais j'ai d'autres voyages à faire avant, j'ai d'autres pages à écrire, d'autres rencontres à faire. Vous aussi. Je m'en vais. Je quitte ce monde qui a tant compté pour moi. On se reverra, je ne sais pas si je reviendrai. Mais on se reverra. Ici ou ailleurs peu importe, on accomplira certains de nos rêves, on en laissera tomber d'autres, beaucoup resteront secret. On tombera en amour, on aura des coups de coeur, surtout de folie, des passions, des aventures sans lendemain. On se crée tous une vie, on choisit de quoi on veut qu'elle soit faite. Je ne veux plus de tout ça, de ces allers retours. Ce n'est pas un adieu, pas même un au revoir. Ca compte pour si peu d'entre vous. Il y a tant de vos prénoms que je ne connais pas. Mais certains restent là. Même ceux là, qui n'ont pas été écrits. Et plus loin, il y a leurs sourires que j'aime à apprendre par coeur, leurs larmes que j'essaie d'essuyer, leurs bras dans lesquels je pourrais toujours me jeter. On a besoin de tout ça pour avancer. Plus loin que les mots, plus loin que les silences. Au delà de tout ça. J'aime à vous lire, j'aime à me glisser dans vos histoires, mais peut-être qu'elles ne sont qu'invention, je n'en sais rien. La vérité ne se trouve pas là, et on a besoin d'elle pour avancer. Je ne relirai sûrement pas tout ça, alors bon courage. Et peu importe.

Bien à vous.

# Posté le mercredi 03 janvier 2007 11:12

Modifié le mardi 08 janvier 2008 15:00

Blackout trought Mike Oldfield. Just Solitude.

Blackout trought Mike Oldfield. Just Solitude.
Ne t'arrête jamais de tourner, ne t'arrête jamais de vivre. Ne t'arrête jamais de dévaler les escaliers, ton coeur dégringole entre les délices de l'envie. Laisse les plaisirs t'entourer, et valse. Bon dieu, valse avec ton âme, que tes doigts s'envolent, tes yeux, et ta bouche, extrapôler les sensations de ton corps. Bon dieu, grandis encore, ennivre toi des sensualités grisées du petit matin, ivre de toi. Oh oui, enlace les fumées travesties de nos peurs. Peu importe les chemins à mourir, peu importe les jours à courir. Meurs encore, cours toujours, et vis. Arrête de tuer les heures, apprivoise les, apprend les, et emmène les se faire la malle aux quatre coins de nos mondes. Tu sais bien, ceux qu'on a inventés le temps d'une nuit. Allez, chante les plaisirs inassouvis, chante les jouissances de l'éphémère, que l'on ne s'éteigne jamais. Entraîne moi dans ta course, dans ton apogée incertaine, dans le cours de ton histoire, celle qu'on baignera un jour d'encre et de peine. C'est fini. Entraîne moi dans tes espoirs, oh oui, embrase moi, désespoir, mon amour. Oh solitude, Still with me is only you. Excusez ma folie, j'empreinte la cadence de Muse pour transpirer les paroles d'une autre. Evanescence. Eva, essence de folie et de fragilité. Je m'envole, tu m'arraches. Je ne sais plus. Bon dieu, avance, et cesse les jérémiades. Les silences sont atrophiés de tes cris, j'ai besoin de respirer. L'amant de nos soirs égarés est parti se pendre à nos rêves, mais relève toi, rien est perdu encore. La litanie nous étouffera de tremblements, on sera toujours vivants. La litanie, tu sais, surtout celle des musiques enchaînées à nos morts futures, celles qu'on déchirera en silence, avec l'aveu des endormis. Bon dieu, que c'est bon d'exister, le temps d'une mélodie, le temps d'un songe, le temps de. Avec le temps, va tout s'en va, on oublie le visage et on oublie la voix, le coeur quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin, faut laisser faire, et c'est très bien. Avec le temps... Mais ne me demande rien, je ne te devine plus aux détours des regards, je dégringole entre mille mots incompris, ceux qui s'entrechoquent pour mieux se taire, ceux qui ne veulent rien dire. Rien ne s'évanouit, les souvenirs n'ont jamais été chouettes, ils s'effondrent juste en miettes, en morceaux, en notes. Avec le temps, va tout s'en va, l'autre avec qui l'on croyait pour un rhume pour un rien, l'autre à qui l'on donnait du vent. Mais du vent tu ne m'en as jamais donné. Echappe toi mon amour, laisse moi t'oublier, va-t-en, avec le temps, et les sourires imaginés, va-t-en, avec le temps, les passions, les voix, celles qui disent tout bas les mots des pauvres gens. On a toujours pris froid mon amour, sur les notes d'une solitude éternelle, on tanguait plus qu'on valsait, on ne savait pas les tango, on s'enfuyait entre les chemins, on tapissait les rues de mangue, de rien, je voulais oublier ton odeur. Avec le temps... On se relèvera, on s'est toujours relevé. Dis moi, est-ce que les chutes s'en iront aussi ? Est-ce que les cicatrices s'oublieront ? Je ne t'ai jamais cherché sous la pluie, je t'apprenais par coeur, surtout par haine, et toi tu me fuyais avec le temps. Tu me fuis toujours. Laisse s'envoler les paroles inutiles. Miss I you. Peu importe. On fait le premier pas comme on peut, que ce soit sur la lune ou non. Laisse moi me perdre entre les débris de nos rien. Laisse moi me pendre aux souvenirs inavoués, à ceux inventés par l'âme trop fragile d'une enfant. Laisse moi, j'attend un soleil qui n'existe plus. La pluie tombe toujours, et l'odeur s'évade vers. Il n'y a plus que des points. J'ai vendu mon âme pour quelques espoirs à graver sur ma route, et tout est parti, avec le temps, je ne vois plus les chemins s'enlacer derrière moi, il n'y a que du noir. Où sont passées les passions, et les amertumes de jamais ? Le temps s'en est allé. Bon dieu, reviens mon amour, laisse s'étouffer l'étreinte des amants vaincus, laisse s'éterniser les secondes qu'on tapera à la chaîne. Oh oui, éteind nos corps entrelacés en allumettes, il ne reste que les tresses cassées, celles des oubliés. Les oubliés. Avec le temps, tout s'évanouit, avec le temps, on n'aime plus... Alors dis moi pourquoi. Pourquoi je t'aime encore ? La tristesse ne s'en va pas seule, elle empreinte les larmes insuffisantes aux douleurs. La mélancolie d'un air trop chanté. Et vos yeux se glissent dans mon intimité, la souffrance d'une solitude, qu'on pèse trop souvent, et qu'on voudrait détruire à coup de machette. Avec le temps... J'aurai juste aimé connaître tes faiblesses mieux que ma haine, mais les jours n'en voulaient pas ainsi, ils ont cherché l'attente des lendemains inattendus, et. Ne m'en veux pas, si j'erre encore ici, mélancolie des jours perdus, je me languis d'un adieu à jamais répéter. Les mots tournent en boucle, en rond, et en trapèze d'arcs-en-ciel, la folie remplace la haine, et les mots se taisent. Personne ne peut comprendre du début à la fin, ce n'est que le désespoir d'un nous oublié, qui n'a même jamais existé. Ne m'en veux pas, j'erre, air incertaine entre les virgules, je ne cherche pas à m'accrocher à tes espoirs, j'ai quitté ce monde d'illusions quand tu m'as quittée, salie entre ces rues inconnues, salie de trop de mensonges. Mais bon dieu, reprend ta course, oublie moi, quitte moi encore, toujours, sans jamais t'arrêter. Bousillée. Mais oui, détruis encore les étoiles pour une chanson sans parole. L'instrumental de cet autre que tu ne connaîtras sans doute jamais. Allez navigue vers d'autres océans de détresse, il n'y a plus de S.O.S, tu es parti, et c'est fini. Combien de fois les mêmes mots ? Combien de fois les mêmes larmes ? Et ce sourire qui naît, qui ne veut plus partir, mesquinerie des suicides répétés. Et les meurtres involontaires qu'on jouait la nuit, à peine mordus par le vent de l'hiver. C'est déjà mars, tout est fini, et je retourne en décembre, quand tout a commencé. L'histoire se répète, la revivre, la rallumer. Et ranimer les étreintes désespérées des temps aveugles. Ne m'en veux pas si je ressasse encore les blessures. J'aime à me glisser dans nos souvenirs, ceux-là même qui partiront, avec le temps. Ne m'en veux pas, j'erre là où je peux exister. Avec le temps, je m'en irai. Ne t'en fais pas mon amour, que c'est bon de taper ces mêmes mots des milliers de fois. Mon amour, mon amour, à toi l'ange sans aile. Tu n'es pas un ange, ni même un diable. Tu n'es qu'un homme, et tu as perdu nos coeurs au coin du feu. Comment fait on maintenant ? Si le temps ne revient pas ? Non, tout ne va pas bien, le temps reste, imprègne chaque silence, et aucune léthargie ne connaît le désespoir de nos peurs. Non, tout ne va pas bien, le froid est bien ailleurs quà glacer nos doigts. Laisse moi me perdre encore, laisse moi me pendre. Avec le temps. Je sais bien que la pluie coulera toujours, que l'éternité n'existe pas même dans nos âmes. Je sais aussi les affronts de tes colères, celles qui se perdent entre les entailles, tu sais celles qui immortalisaient ton coeur, quand tes rires se suicidaient sur les rails de la gare d'à côté. Dans mon à côté, il n'y a pas de gare, j'ai oublié tes rires, mais ton sourire se ballade encore dans la vitre d'un train. Ne me demande pas pourquoi, j'ai arrêté de compter nos genous qui se serrent. Avec le temps, on s'arrête aux quais paumés, et on en oublie d'aimer. Il ne reste que l'amertume, et même la mer ne fume plus, ça a le goût amer des choses trop dites, trop vécues, trop inventées, des vies trop cocues. La voix de Léo Ferré s'installe dans mes entrailles, et ça brûle mes chairs, les frissons n'existent pas, c'est bien au delà, je m'évanouis avec le temps, parce que oui, avec le temps tout s'évanouit. Et ce n'est même pas moi qui l'ai dit... Trêve d'humour et de plaisanterie, grêve d'amour et de galanterie. Rêve généralisé, les utopistes ont été oubliés, et les fêtes se succèdent avec le goût amer du trop connu. On tourne en rond, avec les mots, avec la vie. Ne m'en veux pas, avec le temps va tout s'en va...

# Posté le jeudi 28 décembre 2006 20:41

Modifié le mardi 08 janvier 2008 15:01

Quitter la scène.

Quitter la scène.
Quand on dit que ça va, est-ce qu'on se dit ça pour s'en convaincre ? Quand on fait des grands sourires, quand on essaye d'être forte, de le paraître ? Est-ce qu'on y arrive vraiment ? Parfois j'aimerai arrêter de jouer, je voudrais sortir de cette scène, changer de décors, de spectateurs, changer d'acteurs. Parfois j'aimerai arriver dans une salle vide, vide de sensation, vide de souvenirs, vide, que les sièges grincent dans l'absence des extravagants. Parfois j'aimerai jouer une autre pièce, celle de la fille avec ses beaux yeux, et celle là bas, qui sourit, rit, et pleure parfois, celle là qui vit tellement fort, que j'en ai peur. Parfois... Etre dans la peau de Camille, jeune fille ravagée par les combats incessants, elle laisse échapper ses soupirs sur une nappe de papier, dans le café de Saint Denis, c'est toujours là qu'elle dessine. Ils la regardent sans la voir, et quand elle reçoit un sourire, elle se sent exister. Je voudrais être dans cette scène, apprendre par coeur le mouvement du crayon, je voudrais l'applaudir de musique, invisibilité de nos cris, puisqu'hier est parti, et que demain arrive, lui aussi accompagné de son lot de souffrances, de faiblesses, de chutes, de ratures, lui aussi, qui cherche les sourires entre les rayons du soleil, et la neige se morfond, de ne plus exister. Le froid nous réchauffe le coeur, on se sent juste vivre, la peau nous fait mal d'être trop découverte, et nos épaules se découvrent, enfreindre les règles, courir la nuit, mourir les étoiles, les éteindre, et se laisser fuir pour une fois. Je voudrais quitter cette scène là, celle où on attend un peu trop demain, celle où c'est le jeu du plus fort. Avoir peur de perdre ceux qu'on aime, c'est les avoir déjà perdus. J'ai perdu, je n'ai jamais été la plus forte, je mais pas jeu.

# Posté le mercredi 20 décembre 2006 12:50

Modifié le mardi 08 janvier 2008 15:00